Cododo: ma réponse à l’article publié par le magazine Parent

Je suis récemment tombée sur un article publié par le magazine parent, au sujet du cododo. Un article absolument honteux, qui témoigne non seulement d’une parfaite méconnaissance du développement psycho-affectif de l’enfant et du concept d’attachement, mais aussi d’une vision profondément sexiste et misogyne de la relation homme/femme…

Bref, le genre d’article que je qualifie volontiers de torchon et auquel je pense qu’il est important d’apporter les rectifications nécessaires, afin d’éviter à de futurs ou jeunes parents de prendre ces inepties pour argent comptant… (lien vers l’article)

Je vais donc répondre point par point à ces différentes affirmations:

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Doit-on comprendre que le cododo reste uniquement la norme dans des sociétés “sous-évoluées” qui n’auraient pas encore avancées, comme nous, parfaits occidentaux?? Quant à la question de la sexualité des adultes, j’aborderai le sujet un peu plus bas…

⇒ Le cododo est bien évidemment une pratique naturelle et universelle: 

En dehors de la culture occidentale contemporaine, la pratique du cododo existe quasiment dans toutes les cultures à travers le monde (Afrique, Asie), et ce, depuis les débuts de l’humanité…(Soulignons qu’une société industrialisée et moderne comme le Japon pratique le cododo, appelé “kawa” littéralement “rivière entre les berges”; les parents entourent l’enfant pour le protéger). D’ailleurs, soyons honnête, dans nos sociétés occidentales le cododo est particulièrement répandu également bien que souvent pratiqué “en cachette” et dans la culpabilité notamment à cause de ce genre de discours! 

Voici ce qu’écrit David Servan Shreiber au sujet du cododo:  « le nouveau-né est un être complètement désemparé, mais dont les besoins biologiques s’expriment haut et fort: notamment celui d’être sécurisé par la présence d’un adulte protecteur. Dans les sociétés modernes, la nuit, cette double demande du nourrisson s’oppose directement au besoin de sommeil – biologique, lui aussi – des parents. Depuis l’avènement des mammifères sur Terre, il y a cent millions d’années, et jusqu’au XIXe siècle, ce conflit n’avait pas de raison d’être. En effet, il est automatiquement résolu lorsque la mère allaite son enfant et le garde près d’elle pendant qu’elle dort. Et, de fait, les parents qui gardent leur nouveau-né à proximité – dans leur lit ou dans un lit de bébé près du leur – sont plus satisfaits de leur sommeil que ceux qui ont choisi de le faire dormir dans une chambre séparée. De leur côté, les enfants pleurent moins et s’endorment plus facilement ».Capture d’écran 2016-01-28 à 17.25.50

⇒ Le cododo découle généralement d’un choix parfaitement réfléchi, permettant de répondre aux besoins réciproques d’attachement parent/bébé: 

  • parce qu’il permet de répondre rapidement aux besoins du bébé
  • parce qu’il renforce les liens d’attachement mère-enfant
  • parce qu’il procure une sécurité affective et rassure bébé qui sent et entend sa maman toute proche
  • parce qu’il permet une excellente transition entre l’environnement sécurisant et enveloppant du ventre de maman et le dodo seul dans le grand lit de sa chambre.
  • Parce qu’il permet de simplifier l’allaitement/ stimule la lactation et limite la fatigue
  • parce qu’il permet de rassurer maman qui peut garder un oeil sur son bébé

« Le corps à corps ­sécurise l’enfant. Il l’aide à se construire, même durant le sommeil. Très vite, l’enfant qui pleure, et qu’on laisse pleurer apprendra à se taire. Mais ce n’est pas parce qu’il trouve en lui les ressources pour affronter son angoisse : il se tait parce qu’il sait qu’on ne répondra pas à ses cris.»  Boris Cyrulnik.Capture d’écran 2016-01-28 à 17.45.51

⇒ Faux, si l’on respecte quelques règles de sécurité de base: 

  • un matelas ferme
  • pas d’oreillers/couverture/couette pouvant recouvrir la tête de bébé
  • ne pas trop couvrir bébé (pas plus de vêtements que ce que vous portez)
  • température de la pièce n’excédant pas 18° et ne descendant pas sous la barre des 16°
  • pas de cigarettes dans la chambre (même en l’absence de bébé)
  • ne jamais laisser bébé seul dans le grand lit (même qqes secondes)
  • pas de prise de médicaments/drogues/alcool…
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Petite précision: le cododo ne signifie pas nécessairement le partage du lit. Le cododo implique de dormir à proximité de son enfant. Il englobe donc tout autant le fait de dormir dans la même chambre que dans le même lit…

⇒ De nombreuses études démontrent l’inverse:

L’auteur fait ici référence à une étude publiée le 20 mai 2013 dans la version en ligne de la revue British Medical Journal (BMJ) Open, relayé par tous les journaux avec ce titre particulièrement anxiogène: “Les bébés de moins de 3 mois qui dorment dans le lit de leurs parents ont un risque multiplié par cinq de mourir du syndrome de la mort subite du nourrisson”. C’est un professeur du nom de Robert Carpenter, qui aurait rassemblé les données fournies par 5 grandes études internationales au sujet de la mort subite, soit 1472 sujets.

Selon cette étude, 22% des morts subites du nourrisson (MSN) seraient survenues en situation de cododo, soit 324 cas (dont aucun élément ne permet d’affirmer que c’est la situation de cododo qui est directement responsable de ces MSN). Cette étude se conclue ensuite par une estimation: “désormais, près de 50% des morts par MSN surviendraient alors que le bébé se trouve dans le lit de ses parents”…(??)  Plusieurs éléments me chiffonnent dans cette étude: 

  • Aucun élément contextuel n’a été pris en considération pour les situations de cododo, dans 3 de ces 5 études (toxicomanie, prise de médicaments, alcool…?) 
  • Les chiffres me semblent quelque peu incohérents: de 22%, on passe à 50% puis on estime que le risque de MSN est multiplié par 5 en cas de cododo (?) 
  • Que fait-on des 80% de cas de morts subites survenues chez des bébés dormant seuls?

En réalité, les cas de morts subites du nourrisson sont rarissimes dans les lits parentaux. Pour la plupart des cas recensés dans les pays occidentaux, les enfants dormaient dans une autre pièce (ce que l’étude pré-citée confirme d’ailleurs: 80%). Quant aux cas de MSN en situation de cododo, les conditions de sécurité étaient souvent négligées et des problématiques parentales (tabagisme, alcool, médicaments…) fréquemment associées.

 Selon beaucoup d’études, le cododo permettrait au contraire de diminuer le risque de MSN: 

  • “La théorie du déficit d’éveil” qui prône le fait que le partage de lit avec la mère favoriserait l’éveil du nourrisson, ce qui le protégerait de la MSN*
  • Le fait que la mère soit à proximité de son bébé permettrait une plus grande réactivité en cas de difficulté et s’avérerait donc protectrice.

L’équipe du docteur Daniel Rubens du Children’s Hospital de Seattle (Etats-Unis), a publié une étude en juillet 2007, dans le journal Early Human Development démontrant que la MSN pourrait s’expliquer par un dysfonctionnement au niveau de l’oreille interne du nourrisson: “les cellules ciliées vestibulaires ont pour fonction, outre leur rôle dans l’équilibre, d’informer le cerveau sur le taux de dioxyde de carbone dans le sang”. Il ne serait alors pas en mesure de se repositionner lorsqu’il rencontre des difficultés pour respirer, ce qui entraînerait une asphyxie… Ces études sont encore en cours de validation mais semblent tout à fait intéressantes. La présence des parents au côté de l’enfant permettrait alors une plus grande réactivité en cas de difficulté respiratoire pour l’aider à changer de position et retrouver un oxygénation correcte.  

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⇒ Le nouveau-né est rassuré et apaisé par le bruit de ses parents et par le contact physique: 

Les bruits de respiration et les contacts physiques avec les parents sont rassurants et apaisants pour le bébé qui vient de passer 9 mois dans le ventre de sa mère, dans un environnement chaud, rassurant, enveloppant et bercé par toutes sortes de bruits familiers: la respiration de sa mère, sa voix, son système digestif… Quant à la maman, elle est généralement bien plus rassurée par les bruits de son nouveau-né que perturbée… Toutefois, le choix du berceau co-sleeping est tout à fait intéressant également. Chaque parent doit faire un choix qui lui correspond et avec lequel il se sent à l’aise, mais en privilégiant toujours l’interêt et les besoins du nouveau-né, dont la place est indiscutablement dans la chambre parentale: “Imposer à un nourrisson de dormir sans les bruits de respiration de ses parents, sans l’odeur de sa maman, est une violence qui lui est faite au nom de la tranquillité de l’adulte. La séparation précoce ne conduit pas vers l’autonomie mais vers la peur de l’abandon et la dépendance relationnelle. L’autonomie s’élabore sur un sentiment de sécurité”… (Isabelle Filliozat). 

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Précisons que ce paragraphe a été modifié, suite à de nombreuses réactions de lectrices profondément choquées par la tournure de ce passage. La phrase “un bébé qui dort dans le lit des parents empêche le père d’avoir sexuellement accès à sa femme” a été supprimée…

⇒ Le cododo n’empêche nullement de conserver une vie sexuelle épanouie:

Ce passage est juste effarant. Cette magnifique phrase “un bébé qui dort dans le lit des parents empêche le père d’avoir sexuellement accès à sa femme” supprimée après les centaines de commentaires indignés en dit assez long sur les représentations de l’auteure; la femme a le devoir de satisfaire son époux, lorsque celui-ci en éprouve le besoin et la présence de l’enfant dans la chambre s’avère alors un véritable obstacle au besoin sexuel de Monsieur… L’auteur semble ensuite trouver problématique que le couple soit passé du “conjugal au parental” ? C’est pourtant une réalité, ils sont devenus parents et ont désormais de nouvelles responsabilités et priorités!! Ils sont dorénavant un couple conjugal ET parental. Il va alors s’agir de concilier au mieux ces deux “statuts”, mais certainement pas au détriment de l’enfant. Quant à la question précise des relations sexuelles dans le couple, se retrouver en dehors du lit pour faire autre chose que le missionnaire ne me semble pas relever d’une organisation et d’une disponibilité incroyable… 

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⇒ C’est en offrant à bébé toute la sécurité affective dont il a besoin qu’on lui permettra de s’autonomiser et non l’inverse:

Si tous les parents avec des enfants de plus de 6 mois dans la chambre parentale doivent aller consulter un psy, je crois que je vais faire fortune 😉

Les enfants “parviendront à l’étape de l’indépendance quand ils [seront] prêts [et] toute la question [sera] de savoir comment votre enfant quittera votre lit et non quand il le quittera”  (Dr William Sears, “être parent la nuit aussi”).

Je suppose que l’auteure de cet article préconise aussi de laisser pleurer le bébé seul dans sa chambre pour qu’il fasse au plus vite ses nuits et cesse d’importuner ses parents… Je vous invite à lire mes articles sur la théorie de l’attachement et le laisser-pleurer pour mieux comprendre l’importance de répondre aux besoins de l’enfant. 

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⇒ Le cododo renforce les liens d’attachement parent/enfant et apporte un capital de confiance contribuant effectivement au développement harmonieux de l’enfant: 

Il semblerait qu’il y ait de nombreuses confusions ici encore… Un bébé a besoin d’être sécurisé et entouré jour ET nuit. La nuit est un moment particulièrement anxiogène pour lui, que Boris Cyrulnik compare à une “disparition du monde” pour le bébé. “La séparation du soir est l’équivalent d’un abandon et cela, dès la naissance”.

D’autre part, la nuit et le lit ne sont pas uniquement dédiés à la sexualité conjugale… (bien que l’auteur semble s’y cantonner pour ses relations intimes).

Quant à cette citation de Françoise Dolto, particulièrement anxiogène et culpabilisante pour les parents, il s’agit ici de quelques situations problématiques particulières et/ou concernant des enfants plus âgés. Le pédopsychiatre Michel Dugnat avait d’ailleurs reconnu dans une interview pour “top famille magazine” dans les années 2000 que l'”on a peut-être trop généralisé à toutes les familles les problèmes particuliers de certaines d’entres-elles, dont la présence de l’enfant dans le lit des parents était l’un des symptômes”…

Enfin, concernant les allusions à l’inceste, Boris Cyrulnik a bien démontré que ce sont pour “des apparentés [qui] n’ont pas pu tisser l’attachement, [que] rien n’empêche la réalisation de leurs désirs sexuels, [et] pas même l’interdit de l’inceste”. Autrement dit, les relations incestueuses relèveraient d’un trouble dans la relation d’attachement entre parent et enfant. On ne retrouve pas de problématique incestueuse chez des parents ayant un vrai lien d’attachement à leurs enfants. Une observation également valable dans le monde animal: “les animaux sans attachement pouvaient s’accoupler, même s’il s’agissait de mère et de fils, alors que les animaux attachés inhibaient leurs comportements sexuels même s’ils n’avaient aucune parenté génétique. Le simple attachement inhibait le sexe.”

Je conclurai par cette citation de l’écrivain américain Robert Wright, publié dans un article du Time, en 1997 et tirée du livre de Claude Suzanne Didierjean-Jouveau, “Partager le sommeil de son enfant”

” Peut-être bien que le cerveau des bébés a été façonné par des millions d’années de sélection naturelle où les mères dormaient avec leur bébés. Peut-être bien qu’autrefois, si un bébé se retrouvait seul la nuit, c’était très mauvais signe (la mère avait pu être dévorée par une bête sauvage, par exemple). Peut-être bien que le cerveau est programmé pour réagir à cette situation en hurlant, de sorte que toute personne proche l’entende et puisse le trouver. Bref, peut-être que si les enfants laissés seuls semblent terrifiés, c’est tout simplement parce qu’il sont naturellement terrifiés”. 

Crédit photo: community.heatlthywomen.org

Références:

  • * Kinney HC, Filiano JJ. Brain research in SIDS. In: Byard RW, Krous HF, editors. Sudden Infant Death Syndrome: Problems, Progress and Possibilities. London: Arnold; 2001. pp. 118–37.
  • Sawaguchi T, Franco P, Kato I, et al. From physiology to pathology: Arousal deficiency theory in sudden infant death syndrome (SIDS) – with reference to apoptosis and neuronal plasticity. Forensic Sci Int. 2002;130:S37–43.
  • Mosko S, Richard C, McKenna J. Infant arousals during mother-infant bed sharing: Implications for infant sleep and sudden infant death syndrome research. Pediatrics. 1997;100:841–9.
  • McKenna J, Mosko S, Richard C, et al. Experimental studies of infant-parent co-sleeping: Mutual physiological and behavioral influences and their relevance to SIDS (sudden infant death syndrome) Early Hum Develop. 1994;38:187–201.
  • Didierjean-Jouveau C.S., “Partager le sommeil de son enfant”, Jouvence Editions
  • Cyrulnik B., La naissance du sens, Edition Hachette 
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29 Comments

  1. Merci pour cette magnifique réponse ! Nous avons pratiqué le cododo depuis la maternité (où l’on m’a dit qu’il ne fallait pas, c’était dangereux…évidemment). Il nous arrive encore de prendre notre fils avec nous s’il en exprime le besoin (cauchemar, maladie, etc.). Au delà de ça, ce qui me gonfle particulièrement, c’est que des personnes s’arrogent le droit de nous dire quoi faire ou ne pas faire et cette culpabilisation constante des parents : “faites-ci, faites pas ça, sinon vous êtes de mauvais parents !”. Mais qu’on nous laisse tranquille !

  2. Merci merci merci pour cette article, il est déjà très difficile de devoir sans cesse se justifier concernant les choix éducatifs bienveillants et maternant qui font fassent aux vieux clivages ..
    Qu’il est très triste en 2016 de pouvoir encore lire se genre de bêtises surtout dans des magasines dit spécialisés.

    Et le cododo au delà du nourrisson ? Qui voudra bien oser en parler ?
    Car bien souvent si on se refuse de laisser pleurer son bébé, il ne trouvera pas son autonomie niveau sommeil tout seul et rapidement ..

    Belle journée à toi !
    Emelyne et 20 mois à mon actif de câlins, de cododo et d’allaitement avec mon plus petit ❤️

    • Moi je veux bien 😉 A trois ans, notre fils nous rejoins encore dans notre lit quand il en a besoin. Tout le monde dort mieux et lui est rassuré. Et aveux de maman, j’adore dormir avec mon fiston blotti contre moi. Pour l’instant je peux, j’en profite 🙂

      • Bonjour,
        C’est exactement le probleme que j’ai avec le cododo. D’abord c’est bel et bon de critique en se basant sur de l’air, ensuite, c’est exactement comme ca que je le vois: “Pour l’instant je peux, j’en profite”. Une approche egoiste des occidentaux qui se trouvent 1000 motivations pour faire ce qui leur chante. Ou est l’interet de l’enfant dans tout cela? Personne n’ecrit que factuellement c’est bien pour l’enfant. On nous sort toutes sortes de croyance sur les motifs pour lesquels ce serait bien… En fait le mieux qu’on puisse dire c’est “ce n’est pas pire” jusqu’a preuve du contraire, mais les detracteurs nient en bloc tous ce qui ne leur convient pas.

  3. Bravo pour votre réponse ! Vous expliquez avec beaucoup de justesse ce qu’est le co-dodo et ses bienfaits. Malheureusement il y a encore beaucoup d’ignorance que ce soit par rapport au co-dodo ou l’allaitement. Parfois par des médecins et peut-être un peu plus en France que dans d’autres pays. Allaiter son enfant d’un an peut surprendre, on m’a même dit “ah oui il serait peut-être temps d’arrêter”, “il faut faire attention car ça ne favorise pas l’autonomie si on continue trop longtemps”. J’ai souri.

  4. Bonjour,

    Un grand MERCI pour cet article, j’aurai tellement aimé rencontrer un tel article après la naissance de ma fille il y a 13 ans! A l’époque je me suis laissé culpabiliser! Comme je manquai encore de confiance en moi, et à force de rencontrer les mêmes discours par nos parents, nos amis, les professionnels de santé, de l’enfance,…, j’avais fini par laisser pleurer mon bébé, alors que je détestai ça. Quel gâchis! j’admire les jeunes parents qui savent s’écouter et se faire confiance. Pour moi ça a été un apprentissage, que j’ai fini par faire à partir de mon second enfant et grâce aux lectures d’éducation bienveillante qui ont changé ma vie en profondeur. J’ai une très bonne relation avec ma fille, mais si je pouvais avoir une baguette magique pour revenir en arrière, c’est bien ce “laisser pleurer” que je voudrais tellement pouvoir changer…. Alors merci à tous ceux qui permettent de donner d’autres informations aux jeunes parents qui se cherchent encore et à ce titre sont vulnérables. Et lorsque par son éducation on a pas appris à s’écouter, on est vraiment vulnérable.
    Et en espérant que nous serons de plus en plus nombreux en tant que parents à pratiquer une éducation bienveillante et respectueuse des besoins de l’enfant et de nous mêmes pour construire des personnes qui savent se faire confiance et remettre en cause “le système de la pensée unique”, même lorsqu’il faut nager à contre courant.

  5. Du BON SENS qui souvent fait tant défaut aux “experts”, si pris par leurs délires littéraires qu’ils en oublient que les bébés, eux, ne savent pas lire et se contentent donc de faire ce que la nature et les milliers d’années de sélection naturelle leur dictent. Et pas besoin d’être psy pour constater qu’un tout-petit dort mieux avec ses parents que seul!! Que dire des dégâts surtout de cette littérature auprès de jeunes parents angoissés en quête de bonnes solutions…

    Quant au “corps érotisé du parent” ou je ne sais quelle autre ânerie de même style, quand on lit à quelque lignes d’intervalle que par ailleurs “le corps à corps est à favoriser en journée” on se rend vite compte que l’auteur ne fait que reprendre des on-dit glanés ici et là et, finalement, se contredit elle-même.

  6. Purée mais cet article est juste horrible! Dire qu’il y a des gens qui prennent ça pour argent comptant, ça fait flipper! Merci d’avoir pris le temps de faire le point, je relaie aussi 🙂

  7. Merci pour cet article !!!!
    Nous avons eu des jumeaux en septembre 2014, nous avons mis un couffin de chaque coté du lit (pour facilité l allaitement) et ça finissait souvent avec un bébé de chacun de mes côtés :).
    Ils sont toujours en vie ! lol !
    En tout cas je ne me voyais pas du tout me lever jusque leur chambre dix fois par nuit…
    Et en mai 2015 (ils avaient alors 8 mois) nous les avons passé au lit à barreaux mais toujours dans notre chambre car mon fils avait des problèmes de santé et je préférai l’avoir près de moi au cas ou…
    En juillet 2015 nous les avons passé dans leur propre chambre et sans aucuns soucis, sans pleurs sans rien.
    D ailleurs ils ont fais leur nuit à partir de leur trois mois et depuis jusqu’aujourd’hui ils se sont toujours endormis sans aucuns problèmes : une histoire ou une comptine, un bisou et dodo !
    Je ne regrette pas du tout.
    SI j’en avais eu un seul ca aurait été pareil voire même plus !
    Et puis de toutes manières peut importe ce que l’on fait c’est jamais bon pour personne et c’est parfois même au bord du désastre pour d’autres… Alors, on fait ce que l’on sent être le meilleur pour nous et notre enfant POINT.

  8. Merci merci et encore merci.
    Et dire que c’est une femme qui a écrit l’article. Quel honte !
    Merci d’avoir tout déconstruit.
    Bravo !

  9. BRAVO ! votre article a le grand mérite d’être pédagogique : vos arguments sont bien expliqués, bien développés et étayés par des références à des spécialistes du développement psycho-affectif de l’enfant.
    Enfin, le deuxième grand mérite de votre article, c’est qu’il montre que vous avez une bonne connaissance du sujet que vous traitez (ce qui n’est pas négligeable !…)

  10. Pingback: Cododo - Parentalité | Pearltrees

  11. Merci.
    Je tombe sur cet article après une nuit difficile, une de ces nuits qui me font douter de mon choix de pratiquer le cododo.
    Cette nuit, ma petite de 1 an, qui dort dans notre lit, donc, s’est réveillée. Jusque là tout est normal. Elle a tété, encore normal. Et puis elle ne s’est pas rendormie. Elle a commencé à jouer…Elle fait ça rarement, mais quand elle le fait perso j’y arrive pas.
    Quand j’y repense le lendemain, je me dis rien de grave, mais sur le moment je sens la frustration monter. Je la vois qui cherche à descendre du lit (mais pourquoi lui a-t-on appris???), toute guillerette, toute babillante, genre ça y est, c’est l’heure, debout tout le monde, sauf que non il est 4h du mat’ chérie.
    Et là je sais qu’il va falloir la bercer pour la rendormir, sinon aucune chance vu qu’elle ne sait pas s’endormir seule. Sauf que pas envie. Pas envie de me lever, pas la force, ni physique, ni, surtout, psychique, de me consacrer à elle, encore.
    Je bous intérieurement, je me dis c’est ma faute, j’ai loupé un truc, si on dormait pas ensemble ça n’arriverait pas, je ne lui ai pas laissé la chance d’apprendre à s’endormir seule, limite j’aurais dû la laisser pleurer. Et puis tant qu’à faire, vu l’heure, j’en vient à envisager sérieusement que je suis une mauvaise mère, que notre enfant me sert de bouclier par rapport à son père, ou alors que au fond je veux pas qu’elle dorme pour ne pas me sentir abandonnée, que des trucs bien glauques qui me traversent l’esprit et me font culpabiliser.
    Après je me dis faut pas qu’elle réveille son papa, le pauvre il est enrhumé il doit se reposer, alors la frustration grandit encore, tout ça en 30 secondes hein, elle est pas encore descendue du lit, mais je suis rapide quand il s’agit de me faire des films. Imbattabe.
    Résultat la frustration grandit, grandit, moi je me l’interdis, je m’interdis de m’enerver, je m’interdis de faire du bruit, je me force à rester aussi souriante et douce que possible, et en fait je me contracte, et puis PAF contracture au cou. Aïe. Très mal.
    Et voilà, je pleures. Et voilà, ma fille me vois pleurer, elle me regarde avec ses grands yeux innocents, elle s’est immobilisée, pour le coup, et elle comprend pas. Du coup je pleure davantage. Sur ma fatigue, mon besoin de dormir, ma frustration, ma culpabilité, sur ces grands yeux innocents, et surtout sur mes doutes.
    Ça y est, papa est réveillé, il ne comprend pas pourquoi je ne l’ai pas réveillé avant, il prend l’enfant en charge, c’est fini. Sauf que j’ai toujours mal. Mal au cou, et à l’âme.
    Un gros gros pavé, désolée, j’avais besoin de sortir cette sale nuit de ma tête, de la verbaliser. Et pour le rapport avec l’article, car il y en a un: si le cododo était la norme, s’il n’etait pas diabolisé, ca serait bien plus cool pour les nanas comme moi, celles qui font des crises existencielles à 4 heures du matin.
    Merci encore.

    • C’est touchant de vous lire Cess… Je ne sais pas où vous en êtes trois mois après?
      En tous cas je comprends très bien ces émotions…
      Moi j’ai fini par craquer, dire “Stop!” quand elle avait 7 mois et demi, car elle tétait trop souvent pour que je puisse me reposer, mais elle était prête j’imagine, car 4 nuits (pendant lesquelles elle a réclamé, frustrée, mais pas en détresse, je reconnais ses pleurs) plus tard, elle a commencé de vraies nuits complètes.
      Bon courage à toutes et à tous…

  12. isa maman2filles Reply

    Merci pour votre article!! Je le lis et le relis tellement çà fait du bien! Les préjugés ont la vie dure. Pour ma part ma petite dernière de 20mois a des nuits agitées et certaines nuits elle vient dans notre lit et nous en ressortons plus apaisé qu’à vouloir insister à ce qu’elle dorme dans son lit mais je n’en parle quasiment plus à certains proches qui ne veulent pas comprendre les bénéfices…pour eux on”se fait bouffer!”

  13. 1MamanApaisee Reply

    “C’est le ressenti maternel qui prime les premiers mois, le père ne doit pas interdire à la mère de garder le bébé dans la chambre parentale. Ce serait très dur à vivre.” Je me demande ce que cette femme a pu vivre pour écrire une phrase pareille. Le fait de dormir ou non avec son enfant est une décision qui se prend à deux, et toujours en accord avec les besoins de l’enfant, ceux du père et de la mère.

  14. Et bien bravo pour cet article et certainement pas bravo au magazine en question !
    Ici pas de cododo pour la cadette : née prématurément, difficilement, l’hôpital m’a répété qu’elle n’avait pas besoin de moi, j’ai craint de lui imposer un cododo pour me rassurer moi et pas pour son bien à elle. Or lorsqu’une souffrance scolaire a engendré une dépression il est apparu qu’elle avait aussi manqué d’assurance sur mon affection… Il y a eu besoin de cododo…
    L’aînée a dormi près de nous, n’a pas eu de difficultés à dormir seule avant un an.
    Il y a eu des cododos quand l’une était malade. Des cododos à certaines périodes clés (y compris moment difficile un peu après 10 ans) et cela n’a jamais posé de souci pour réintégrer sa chambre quand la réassurance avait fait son effet.
    Quant à la MSN, le codo pratiqué lorsque ma fille était sujette à des crises d’asthme (celle qui n’avait pas dormi avec nous…) et bien justement c’est de dormir avec nous qui a sauvé sa petite vie !

  15. Stéphanie Traver Reply

    Bravo pour ces rectifications !
    Un autre témoignage : j’ai pratiqué le co-dodo, avant même que le terme existe, avec mon fils aîné (qui a maintenant 16 ans !), et je le pratique aujourd’hui, au besoin, avec mes fils de 3 et 5 ans (qui du reste dorment ensemble et adorent ça). Tout le monde s’en porte très bien. Je ne connais pas d’ado mieux dans sa peau et plus confiant que mon aîné ; et le coucher des petits se fait dans les chansons et la bonne humeur. Pourquoi nous priver tous de tels bonheurs ? Pourquoi, surtout, les priver de cette sécurité affective au moment de l’endormissement ? J’avoue que je ne comprends même pas nos détracteurs…
    Stéphanie

  16. bravo pour cet article !
    Je n’ai pas pratiqué le cododo car je n’en ai pas éprouvé le besoin dans ma famille, mais je ne supporte pas les à-priori de ce genre de magazines et de tous ces “professionnels de l’enfance” qui ont toujours des leçons à nous donner… je ne peux donc qu’applaudir des deux mains cette revendication de la parentalité bienveillante qui parcourt ton blog !
    D’un autre point de vue, je trouve que le cododo est une excellente manière d’agrandir la maison : une seule pièce dédiée au dodo, et tout le reste de l’espace pour jouer, se détendre, partager un repas, cuisiner, ranger, ou travailler !
    En tant qu’architecte d’intérieur, j’interviens souvent dans des maisons familiales, où les parents tiennent à séparer les frères et soeurs, et pourtant, j’ai très souvent des témoignages où les enfants se sentent perdus lors de cette séparation, et dorment finalement dans le même lit pendant des mois bien qu’ayant chacun leur chambre !

  17. Hallucinant…
    Le ton catégorique de l’article du magazine est vraiment ancré dans le jugement (visiblement tout vient de la mère trop fusionnelle!), et vos réponses font du bien…

  18. Oui terrifiant tout ces propos, qui poussent les parents à inhiber leur sentiments et leurs intuitions et qui leur font perdre toute confiance en ce qui concerne leur capacité à faire les bons choix pour leur enfants, choix guidées par l’amour. D’ailleurs je crois fermement que les personnes qui confondent tendresse maternelle (ou paternelle), et relation incestueuse devrait se poser la question de qu’est-ce-qui dans leur propre histoire fait qu’une telle confusion existe. La tendresse est un moment de douceur, de calme, rien à voir avec l’excitation sexuelle!! Quant à Dolto et Freud, ils ont beaucoup apporté à la psychologie, certes. Mais n’oublions pas cependant qu’ils sont nés à l’aube du 20ème siècle. Il y a donc une 100aines d’années qui séparent nos bambins de leurs propres naissances. La société a profondément changé et nos connaissances sur l’enfance aussi. Notamment grâce à l’apport de la médecine et de la neurologie, qui permet d’appréhender les besoins des enfants de façon beaucoup plus juste.

    Alors merci à vous, pour cette article et vos idées qui auraient bien besoin d’être davantage diffusées.

  19. Nous avons pratiqué le cododo pendant environ 18 mois et notre fils dort encore avec nous lorsqu’il le souhaite, notamment lors d’une maladie ou d’un cauchemar. J’aime toujours les nuits durant lesquelles il nous rejoint.
    J’ai allaité longtemps – jusqu’à être enceinte du deuxième soit lors des deux ans de l’aîné – et c’était tres confortable d’avoir mon fils à mes côtés. Je n’aurais jamais allaité si longtemps à la demande s’il avait fallu que je me lève toutes les nuits (surtout en hiver! ).
    Nous n’avons rencontré ni problème de sexualité (quand on le veut on trouve toujours plein de solution et je ne crois pas que ce soit le cododo qui perturbe la situation – si la sexualité du couple est perturbée à la naissance de l’enfant, l’explication est à chercher ailleurs que dans le cododo), ni problèmes de sommeil. Il est vrai que mon fils s’est longtemps réveillé plusieurs fois par nuit pour teter mais ces réveils étaient de courte durée et ne me perturbaient pas spécialement puisque j’ai allaité durant 15 mois 3 à 5 fois par nuit sans me sentir épuisée ou mal.

    Les aprioris des gens sont parfois aberrants : quand mon pédiatre a su que nous faisions du cododo il nous a demandé si on comptait gardé notre fils dans notre lit jusqu’à ses 15 ans… il n’avait que 6 mois!

  20. Nous avions gardé p’tit bout dans notre chambre jusqu’à ses 3 mois, notamment pour les facilités d’allaitement de nuit … puis nous l’avons passé sans problème dans sa propre chambre mais une maman (de quelques mois de plus que moi) m’avait dit avant d’accoucher que dès qu’ils l’avaient mis dans sa propre chambre, ils avaient été tranquilles pour les nuits ! Le cododo a malheureusement encore “mauvaise presse” alors que seuls les parents peuvent savoir ce qui est bien pour les enfants et jusqu’à quel âge ils veulent continuer (dans le bien-être et le respect de chacun …).

  21. J’aimerais lire un article non partisant comme celui de parents plus souvent. Heureusement vous avez laisse le lien.
    Votre article est completement biaise. “Le cododo est parfaitement naturel et universel” Quelle foutaise! D’abord il faudrait definir ce qu’est le cododo clairement dormir dans la meme chambre, dans le meme lit sur la meme natte… Comment quelque chose d’indefini peut il etre universel et naturel???
    Ensuite, prenons le cas de l’Asie, pas la chine dans un premier temps. Vous avez une moyenne de 6 enfants par famille dans certains pays avec des ecarts de 1an, comment dorment ces gens qui pratiquent selon vous le meme cododo qu’en France avec +-3ans entre les enfants???
    Venons en a la Chine et plus au coeur du probleme. Dans cette societe mourante, tout ce qui vient d’Asie est woaw cool! Boudhisme woaw… Taoisme woaw… Cherchez quelques etudes sur la Chine. entre 75% et 55% des parents pratiquent en effet le cododo (selon l’age 75% prescolaire (what’s in a word once more presolaire = indefini) et 55% vers 5 ans avec une chutte drastique apres.
    On regarde alors les raisons: est-ce un choix? non. Ce sont les contraintes environementales dans la majorite des cas. Est-ce benefique? non, les enfants Chinois souffrent de somnolence a l’ecole. Ensuite adultes ils souffrent d’insomnie et de nevroses. Biensur pleins d’autres facteurs comme la pollution interviennent. Le probleme c’est que les statistiques montrent qu’a part les bobos d’europe occidentale, c’est souvent faute de mieux que les enfants doivent partager le lit des parents. Tres souvent, ces enfants sont issus des classes defavorisees et n’en sortirons pas (c’est ca que ca veut dire que si l’on prend en compte le background social, la difference entre les riches et les pauvres s’efface, en d’autre terme, il n’y a pas plus de pauvres enfants en cododotage qui deviendront plus riche que leur parents qu’il n’y a de pauvres pas en cododotage qui le deviendront, ce qui detruit le mythe de l’effet favorable tant attendu…)
    Arretons donc de nous donner des motifs louables. La veritable motivation, c’est l’egoisme et le je sais mieux ce qui convient a mon enfant.
    Eh bien tant mieux. Dans l’etat actuel, je ne vois ni avantage ni inconvenient, a l’exception de l’angoisse que je peux verifier avec ma fille (en cododotage jusqu’a 3ans et demi et encore regulierement maintenant (5ans)). Ma fille n’a pas peur du noir, non. Elle a peur d’etre seule, ne trouve que hyper difficilement le sommeil si elle est seule dans une piece, se reveille regulierement et appelle si on est pas dans son environement direct. Voila ce qu’on fait a nos enfants. Est-ce mieux ou pire que leur apprendre a dormir seuls? Depuis le 2e siecle la culture occidentale a considere qu’il est preferable de leur apprendre a dormir seuls. C’est cette culture qui domine le monde a l’heure actuelle… a vous de voir. Moi je reste pour l’approche traditionelle: Cododotage le temps de l’allaitement et avec son propre lit (corniche) ensuite on apprend a dormir seul avec comme pour tous les processus des regressions acceptables. Exceptionnellement, on partage encore la chambre des parents occasionellement, a eviter car on cree presque toujours des automatismes…

  22. Bonjour, dans le même style je suis tombée sur une “réponse d’expert” sur le site magimaman qui vous fera, je pense, sauter au plafond :
    http://www.magicmaman.com/,reponse-expert-co-dodo-berceau-co-sleeping,3249254.asp
    (et qui me rend profondément triste quand je pense à votre article sur le laisser pleurer).

    J’aimerais néanmoins savoir quand et comment terminer le cosleeping : à quel âge le bébé/l’enfant peut dormir seul, cela se fait-il tout seul ou faut-il l’habituer progressivement d’abord avec lit séparé puis chambre séparée, cela dépend il des individus…

Laissez-moi un commentaire ! je vous répondrai !

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