Le complexe d’Oedipe

Quel parent n’a jamais entendu parler du complexe d’Œdipe ? Il s’agit d’un processus connu de tous mais qui reste tout de même assez flou pour beaucoup. Alors voici quelques précisions, qui j’espère, vous permettront d’y voir plus clair :


Ce concept de « complexe d’Oedipe* » a été élaboré par S. Freud et nommé ainsi en 1910, dans un texte intitulé « contribution à la psychologie de la vie amoureuse ». (Précédemment, il apparaissait sous le terme de « complexe nucléaire » ou « complexe maternel »). La base théorique de ce complexe repose sur le fait que le jeune enfant (entre 3 et 5 ans) ressente une forte attirance pour le parent du sexe opposé et de l’hostilité pour le parent du même sexe. (Bien évidemment, on parle ici de phénomènes inconscients qui se jouent dans l’imaginaire, il n’est pas question de comprendre cela au premier degré).
Ce processus fait partie du développement normal de chaque enfant, garçon comme fille. Il apparaît au cours de la phase phallique, qui correspond au 3ème stade de développement de l’enfant (stade oral, stade anal, et stade phallique).

Le complexe d’Oedipe se déroule différemment chez le petit garçon et chez la petite fille, même si le principe reste similaire :

Le garçon va se montrer de plus en plus intéressé et préoccupé par ses organes génitaux et va se poser beaucoup de questions autour de la sexualité (différences des sexes, grossesses, seins)… Il va peu à peu réaliser intuitivement que ses parents ont une vie relationnelle intime, privilégiée dont il est exclu. Il ressent alors de la jalousie, de la rivalité vis à vis de son père et cherche à séduire sa mère, pour prendre la place de celui-ci. (C’est ce que l’on appelle « l’Œdipe positif »).
Mais, dans un même temps, il ressent attachement, admiration et besoin d’identification pour cet homme qui est parvenu à séduire sa mère. Le petit garçon traverse alors des phases au cours desquelles il va se trouver dans un mode de séduction face à son père et de rejet de sa mère (c’est ce que l’on appelle « l’Œdipe inversé »).
Par cette identification au père, il va aussi apaiser sa crainte (fantasmatique) de la castration qui résulte de l’autorité paternelle. Et, c’est grâce à cette menace de castration que le garçon va réprimer son désir pour la mère et renoncer à la satisfaction sexuelle avec cette dernière.

Chez la fille (tout comme pour le garçon), la mère est le premier objet d’investissement libidinal. Contrairement, au garçon qui sort de l’Œdipe avec l’angoisse de castration, la fille entre dans le processus Oedipien par l’angoisse de castration. La fillette s’aperçoit qu’elle est dépourvue de pénis, tout comme sa mère. Et, cette absence de pénis est vécue inconsciemment comme un manque, une incomplétude. Cette castration (imaginaire) est une source d’angoisse. Elle souhaite avoir un pénis et va rejeter sa mère qu’elle rend responsable du manque qu’elle lui a transmis. Pour réparer ce manque et restaurer son image d’elle-même, elle va alors se tourner vers son père en se détachant de son premier objet d’amour, sa mère. Cela est souvent vécu difficilement pour la fillette, car source de culpabilité. Cette ambivalence des sentiments dans les relations mère-fille reste d’ailleurs souvent marquées tout au long de la vie…

Les principales fonctions de ce conflit Oedipien dans le développement de l’enfant :

  • L’enfant va passer d’une relation duelle à une relation triangulaire (l’enfant sort de la relation fusionnelle d’avec sa mère)
  • Il va accéder à la différence des sexes, en s’identifiant au parent du même sexe, et à la différence des générations
  • L’enfant va intérioriser les interdits parentaux et sociaux (interdit du meurtre et interdit de l’inceste)
  • Il va accéder peu à peu à la construction d’un idéal du moi qui est un autre versant du Surmoi (structure morale de l’appareil psychique)

* NB : Freud va emprunter ce mythe à une tragédie grecque de Sophocle : Œdipe est le fils de Laïos et de Jocaste, roi et reine de Thèbes. La Phytie, (oracle d’Apollon) leur annonce un jour que s’ils ont un fils, celui-ci tuera son père et épousera sa mère. Ils décident alors d’abandonner leur fils dans la montagne, en lui attachant les pieds (Œdipe= « celui qui a les pieds enflés »). Mais il sera sauvé et élevé par des bergers. Plus tard, il apprendra la terrible malédiction, et décidera de quitter sa famille (qu’il pense être ses « vrais »parents) pour échapper à la prédiction. Sur le chemin, il va croiser un vieillard qui lui barre la route, éclate alors une violente bagarre qui se solde par la mort du vieillard. Œdipe poursuit sa route, sans se douter qu’il vient de tuer son père, le roi de Thèbes. Il parvient ensuite à résoudre l’énigme du Sphinx, libérant ainsi la ville de la bête. Les habitants très reconnaissants en font leur roi. Il épouse la reine Jocaste veuve de Thèbes, qui n’est autre que sa mère. Suite à une épidémie de peste, l’oracle demande de retrouver le meurtrier de Laïos et de le chasser. Après investigation, Œdipe découvre le terrible secret de sa naissance. Jocaste se pend par désespoir et Œdipe se crève les yeux et se retrouve chassé hors de la ville.

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2 Comments

  1. Je ne pense pas que nous en sommes à ce stade avec mon fils mais c’est arrivé à plusieurs reprises qu’il veuille m’embrasser sur la bouche après avoir vu son père le faire.

    J’espère que tu vas bien depuis notre dernière rencontre 🙂

    @ bientôt !

  2. Pingback: Y a t-il des jeux de filles et des jeux de garçons ? | Babybaboo

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